Études sur les manipulations structurelles :

 

En 1992, Triano JJ[1] constate que lors d’utilisation de technique manuelle, seule une partie de la force d’impulsion engendrée par la manœuvre est absorbée par les tissus périphériques. Le reste de cette force est transmis au niveau du rachis.

 

En 1993, Nansel DD[2] au sein du laboratoire du « Palmer College of chiropractic » démontre que la manipulation cervicale a un effet significatif sur le tonus des muscles lombo-pelviens, probablement par facilitation des réflexes toniques du cou impliquant les voies spinales inter-segmentaires.

 

En 1995, Gal J et Herzog W[3] ont utilisé la cinématographie haute vitesse associée à des broches marqueurs sur cadavre pour enregistrer les mouvements de T10, T11, et T12 après manipulation. Ils ont démontré après une analyse tridimensionnelle que la manipulation d’un étage vertébral entrainait des mouvements influençant les vertèbres adjacentes.

 

La même année, Murphy BA[4] démontre grâce à l’utilisation de la technique EMG, la variation de l’amplitude du réflexe H au niveau du nerf tibial après manipulation de l’articulation sacro-iliaque. Il conclut que la manipulation  sacro-iliaque tend à diminuer ce réflexe du côté homolatéral.

 

En 1998, Carrick FR[5] a étudié sur une population de 500 sujets, à l’aide d’un électroencéphalogramme que la manipulation cervicale conduit à une modification significative du fonctionnement cérébral pouvant être cartographié.

 

La même année, Indahl A[6] démontra l’implication de l’articulation sacro-iliaque dans l’activation réflexe des muscles du contrôle et de la stabilité du tronc.

Pour réaliser son expérience il stimula électriquement chez 10 porcs, la zone ventrale de l’articulation sacro-iliaque et de sa capsule articulaire et enregistra la réponse à l’aide d’autres électrodes réceptrices placées dans les muscles fessiers et carrés des lombes. Il en conclut le rôle important de cette articulation dans le contrôle de la locomotion, de posture et de la stabilité du tronc.

 

 

En 1999, Herzog[7] a étudié sur 11 sujets de sexe masculin asymptomatiques l’ampleur et l’étendue de la réponse reflexe associée à des manipulations cervicales, thoraciques, lombaires et sacro-iliaques. Les activités réflexes ont été mesurées en utilisant seize paires d’électrodes de surface bipolaires placées sur le dos et sur les muscles des membres proximaux. Chaque traitement a produit des réponses musculaires réflexes dans les zones cibles, elles sont apparues dans les 50-200 ms après le thrust et ont duré approximativement 100-400 ms de façon asynchronique. C’est la première étude dont les résultats montrent une réponse réflexe significative associée au traitement manipulatif de la colonne. Herzog suggérait que ces réponses seraient à l’origine de la réduction de douleur et de la diminution de l’hypertonicité musculaire.

 

En 2000, Suter E[8] a étudié sur 28 patients l’influence d’un traitement manipulatif de la sacro-iliaque sur la force du muscle extenseur du genou.

Après la manipulation, il a mesuré la force isométrique du quadriceps. La manipulation sacro-iliaque réduit de façon significative l’inhibition du muscle quadriceps. Il suggère même dans cette étude que la manipulation de la colonne vertébrale influencerait également la musculature des membres inférieurs. Cet article met en valeur l’influence possible de la manipulation de l’axe rachidien sur la musculature des membres inférieurs.

 

En 2001, Pickar JG et Wheeler JD[9] ont fait une étude sur 10 chats adultes anesthésiés en enregistrant la réponse éléctro-physiologique de différentes vertèbres et du tissu para-spinal associé. Ils ont pu mesurer les réactions des muscles para-spinaux ainsi que des organes tendineux de Golgi après manipulation vertébrale HVLA.

Ils ont démontré que cette manipulation HVLA stimulait les muscles para-vertébraux ainsi que les organes tendineux de Golgi, ils insistèrent sur la capacité de la technique thérapeutique à augmenter ou diminuer la proprioception musculaire para-vertébrale.

 

En 2002, Dishman JD et Burke J[10] ont démontré en enregistrant le potentiel moteur évoqué, que la manipulation L5S1 engendrait une facilitation des neurones moteurs par voie centrale.

 

La même année, Keller TS[11] démontre, grâce à un électromyographe, que la manipulation vertébrale augmente la force des muscles érecteurs du rachis de façon significative mais de manière transitoire. Pour ce faire il a mesuré avant et après manipulation une extension isométrique du tronc chez quarante sujets.

 

 

En 2003, Dischman et Burke J[12] de nouveau, ont étudié l’effet neurophysiologique de la manipulation cervicale en mesurant l’amplitude du réflexe H du nerf médian et d’autre part celui de la manipulation lombaire en mesurant l’amplitude du réflexe H du nerf tibial. Ils ont démontré que les motoneurones lombaires subissaient une plus forte inhibition après manipulation que les motoneurones issus des niveaux cervicaux.

 

 

En 2007, Zazulak BT[13] remarque que les athlètes masculins subissent un taux de blessures aux genoux plus élevé dans les sports de pivot et d’atterrissage. Il va donc s’intéresser aux déficits proprioceptifs qui affectent la stabilité du genou.

Il lance donc une étude sur 277 sujets athlètes dont les deux sexes sont représentés de façon équitable. Il  a pu démontrer qu’un déficit proprioceptif du tronc, mesuré par repositionnement proprioceptif actif, prédit le risque de blessure des genoux de façon significative. Un déficit proprioceptif du tronc entraine donc une diminution de l’activité neuromusculaire des membres inférieurs amenant ceux-ci en valgus et augmentant les tensions ligamentaires. Cette altération proprioceptive du tronc perturbe également la stabilité dynamique de celui-ci.

 

En 2008, Dishman JD[14] a utilisé la stimulation magnétique transcranienne ou TMS (Transcranial Magnetic Stimulation) en analysant les potentiels moteurs évoqués, pour étudier sur 72 sujets asymptomatiques, l’influence de la manipulation HVLA sur l’excitabilité cortico-spinale et sur l’activité des motoneurones innervant les muscles para-spinaux. Il apparaît que la manipulation HVLA entraîne une facilitation post synaptique des motoneurones alpha et/ou des neurones corticaux innervant les muscles para-spinaux. Cette étude démontre que la manipulation HVLA offre de façon significative une information sensorielle sur l’excitabilité du système moteur.

 

 

 



[1] Triano J.J. Studies on the biomechanical effect of a spinal adjustment. Manipulative Physiol Ther. 1992 Jan ;15(1) :71-5.

 

[2] Nansel DD, Waldorf T, Cooperstein R, Effect of cervical spinal ajustements on lumbar paraspinal muscle tone : evidence for facilitation of intersegmental tonic neck reflexes. Manipulative Physiol Ther. 1993 Feb; 16(2):91-5.

 

[3] Gal J, Herzog W, Kawchuk G, Conway P, Zhang Y, Movements of vertebral during manipulative thrust to unembalmed human cadavers. J Manipulative Physiol Ther 1997 ;20 :30-40.

 

[4] Murphy B.A, Dawson N.J, Slack J.R. sacroiliac joint manipulation decreases the H-reflexe. Electromyographic Clin Seurophysiol 1995 ;35 :87-94.

 

[5] Carrick FR, Changes in brain function after manipulation of the cervical spine.

J Manipulative Physiol Ther. 1997 Oct;20(8):529-45.

 

[6] Indahl A, Kaigle A, Reikerås O, Holm S. Sacroiliac joint involvement in activation of the porcine spinal and gluteal musculature. J Spinal Disord. 1999 Aug;12(4):325-30.

 

[7] Herzog W, Scheele D, Conway PJ. Electromyographic reponses of back and limb muscles associated with spinal manipulative therapy. Spine 1999,janvier 15 24(2) 146-153.

 

[8] Suter E, McMorland G, Herzog W, Bray, Conservative lower back treatment reduces inhibition in knee-extensor muscles: a randomized controlled trial. Manipulative Physiol Ther 2000 Feb ;23(2) :76-80.

 

[9] Pickar JG, Wheeler JD, Response of proprioceptors to spinal manipulative like loads in the anesthetised cat. Manipulative Physiol Ther. 2001 Jan; 24(1):2-11.

 

[10] Dishman J.D, Ball K.A, Burke J, Central motor exitability changes after spinal manipulation : a transcranial magnetic stimulation study. Manipulative Physiol Ther 2002 Jan ;25(1) :1-9.

 

[11] Keller T.S, Colloca C.J, Mechanical force spinal manipulation increases trunk muscle strengh assessed by electromyography : a comparative clinical trial. Manipulative Physiol Ther 2002 Jun ;25(5) :345 ; author reply 345-7.

 

[12] Dishman J.D, Burke J, Spinal reflex exitability changes after cervical and lumbar spinal manipulation : a comparative study. Spine J 2003 May-Jun ; 3(3) : 204-12.

 

[13] Zazulak BT, Hewett TE, Reeves NP, Goldberg B, Cholewicki J. The effects of core proprioception on knee injury: a prospective biomechanical-epidemiological study.

Am J Sports Med. 2007 Mar;35(3):368-73. Epub 2007 Jan 31.

 

[14] Dishman JD, Greco DS, Burke JR. Motor-evoked potentials recorded from lumbar erector spinae muscles: a study of corticospinal excitability changes associated with spinal manipulation. J Manipulative Physiol Ther. 2008 May;31(4):258-70.